Amor Amaur

12 novembre 2018

Humour

 

« Tout va très bien, monsieur le Président »

 

par Anne Roumanoff

'' Rouge vif''

 

Allô, allô, Édouard!

Quelles nouvelles?

En week-end à Honfleur depuis quatre jours

Au bout du fil, je vous appelle,

Que trouverai-je à mon retour?

Tout va très bien,

Monsieur le Président,

Tout va très bien,

Tout va très bien.
Pourtant, il faut que l'on vous dise,

On déplore un tout petit rien, un incident, une bêtise,

La hausse du prix du diesel qui suscite la colère des Français

Qui ont prévus de tout bloquer le 17 novembre pour protester.

Mais à part ça, Monsieur le Président,

Tout va très bien, tout va très bien!

 

Allô, allô, Édouard!

De la colère contre moi!

Expliquez-moi, ministre fidèle, comment cela s'est-il produit?

Cela n'est rien, Monsieur le Président, cela n'est rien!

Tout va très bien, tout va très bien!

Pourtant, il faut que l'on vous dise

On déplore un tout petit rien

La hausse de la CSG, ponctionner le budget des retraités,

Votre popularité s'est effondrée, il y a un ras-le-bol généralisé,

La sensation de s'être fait flouer, mais à part ça, Monsieur le Président,

Tout va très bien,

Tout va très bien.

 

Allô, allô, Édouard!

Pouvez-vous expliquer au Français que la taxe d'habitation est supprimée

Que la complémentaire des retraités va augmenter

Que la fiche de paie des salariés va s'améliorer...

 

Je leur ai dit, Monsieur le Président, mais, hélas ils ne le voient pas.

Les impôts fonciers ont augmenté,

Les médicaments sont moins bien remboursés,

Les prix au super marché ont grimpé,

Les cigarettes, les assurances, les tarifs du gaz ont flambé,

Et surtout,le prix du carburant pénalise tous les Français qui n'ont

D'autres possibilités que de rouler en voiture pour aller travailler.
Beaucoup on choisit le diesel parce qu'on leur avait expliqué

Que ce carburant était moins cher et moins polluant...

Et maintenant, on leur dit tout le contraire,

Comprenez leur colère!!

 

Allô, allô, monsieur le Président,

Que comptez-vous donc faire?

Je vais me lancer à corps perdu dans les commémorations du 11-Novembre

Rien de tel que se réfugier dans le passé,

Quand on est pas capable d'améliorer le présent...

 

Ni d'anticiper l'avenir

Il faut que les Français soient conscients d'une chose:

Si l'on compare notre situation à celle de 1918,

Tout va très bien,

Tout va très bien!!

 

Journal du Dimanche 4/11/2018

 

 

Posté par Anne Mo à 11:59 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Poésie

 

De Luce G.M

 

 

Ma jeunesse s'est noyée

Dans les plates eaux

Des jours

Où sont les verts marais

Et mon soleil

Aux longues ombres?

Les hirondelles

Dans les immuables ciels?

Mes païennes rogations

Dans les matins

Parfumées de troënes?

Irisées des toiles d'araignées

Neuves de la nuit

Où le bruissement sec des roseaux

Bordant les rives

Mon royaume d'eau et de vent

De soleil et d'insouciance?

Où, mon enfance libre?

Les parfums se sont évaporés

Les cris se sont tus

Les noires eaux profondes du temps

Plus noires

Plus profondes

Que celles des marais d'hiver

Insidieusement

L'ont doucement recouverte.

 

 

 

 

Posté par Anne Mo à 11:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 octobre 2018

Balade à Nantes

Migrants

 

Balade à Nantes.

 Les migrants du square Daviais de Nantes ont été évacués et hébergés dans cinq gymnases de Nantes. Ils s'étaient installés il y a plusieurs mois dans une précarité innommable. Je les ai découverts, un matin, lors d'une promenade. Histoire d'un contraste !!!

Il fait beau ce matin et relativement chaud. Je décide d'aller marcher. C'est une de mes occupations favorites. La ville est belle et ce matin, je choisis d'aller vers la Loire.Je remonte la rue du Roi-Albert et arrive place Saint-Pierre où trône la cathédrale. Elle est éblouissante, ce matin, de soleil et de beauté. Sa pierre de tuffeau est éclatante et la rend céleste. Je continue mon chemin par la rue Mathelin-Rodier, petite rue sombre, étroite . J'arrive au pont-levis de la forteresse de la Duchesse Anne de Bretagne, je passe devant sa statue de bronze. Je fais attention où je mets les pieds, les pavés ne sont pas bien alignés. Je longe les douves, j'entends les canards bruyants, joyeux d'être nourris par des petits enfants. J'aperçois la ligne de tramway. J'entends le bruit sourd du convoi et le tintement d'avertissement pour les piétons. Je suis le tracé de la rame et arrive rue de Strasbourg, saturée de voitures, bruyante et malodorante. Je la traverse et continue de suivre les rails. J'entends les cloches du beffroi de Sainte-Croix.

La ville est calme et tranquille dans ces rues piétonnes. Tout est baigné dans le soleil éclatant du matin, avec un ciel d'un bleu bien tranché (ce qui est rare, ici, car souvent il est voilé par une brume légère de mer). J'ai chaud mais je me sens bien. Je décide de contourner l'immeuble Feydeau, de raser le terrain de foot en arc de cercle sur lequel joue des garçons de tous âges et de traverser l' île Feydeau par la rue Kervégan. Je pénètre dans un autre monde aux rues étroites et sombres, bercées par des siècles de traite négrière. J'arrive au bout de la rue et là, aveuglée par le soleil , je me trouve face à une sorte de capharnaüm...

Je contourne le petit square Daviais par le sud, et prends pleine face toute la misère du monde.

Des grappes de tentes vertes, bleues, grises s'agglutinent dans le petit parc. Elles sont collées les unes aux autres. Une douche bricolée pompe l'eau d'un bassin: Des hommes jeunes vaquent à différentes tâches: chercher de l'eau à l'unique point d'eau, se faire soigner par les associations caritatives présentes, préparer à manger...la plupart erre comme des âmes en peine. Des détritus jonchent le sol. A 50 mètres se trouvent des sanisettes. Des hommes en blousons bleus sillonnent le camp, s'arrêtent, discutent, repartent.

Je ne sais pas qui ils sont mais ils semblent venir en aide à ces pauvres gens. Ce ne sont que des hommes, noirs, jeunes. Ils sont cependant souriants. I
Le contraste est hallucinant!! Nantes ma ville bourgeoise, ma ville verte, ma ville tranquille, ma ville que j'aime, que je viens de traverser avec grand bonheur, est confrontée à un problème mondial, qui la dépasse: l'immigration massive et l'accueil d' une grande misère humaine...!!

J'avais entendu parler de ce square et de ses occupants mais il a fallu que je le vois pour y croire. Malgré la solidarité des associations d'aide, malgré la bonne volonté de la municipalité nantaise, malgré le grand courage des bénévoles, malgré la grande humanité de certains nantais, est-il encore possible, au 21ème siècle de voir de telles choses? Est-ce aux municipalités, bénévoles, habitants de réparer l'incurie de l'état, des états? Ce sont toujours le mêmes qui souffrent...ce sont toujours les mêmes qui sont engagés, ce sont toujours les mêmes qui ne trouvent pas de solutions....

Je renonce à ma promenade et rentre chez moi, le cœur lourd, bouleversée et désespérée.

 

 

photo migrants

Posté par Anne Mo à 15:40 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Réalités

En un an:

    • 225 000 femmes subissent des violences physiques

    • Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint.

    • Huit femmes sur 10 sont soumises à des agressions verbales dans la rue, au travail...

 

*C'est la nuit, il est 22 heures, il fait froid, c'est le 24 décembre, la jeune fille de 15 ans file d'un pas rapide vers l'église de son quartier. Elle doit chanter ce soir, elle est choriste, c'est la messe de Noël. Un bruit de vélomoteur dans son dos: « Mademoiselle, mademoiselle, arrêtez-vous, vous avez perdu quelque chose!!». Elle s'arrête, l'homme aussi. «Tends-moi la main». Naïvement, elle s'exécute et lui tend la main, il la prend et la descend vers son entre- jambe, elle baisse les yeux et se met à hurler. Elle court, elle court, elle court...une lumière, une porte, elle sonne la porte s'ouvre, une femme...en larmes elle entre. Elle n'ira pas chanter ce soir.

C'est le matin, l'heure d'aller au boulot. A peine réveillée, elle sort de son immeuble les bras chargé de dossiers et se dirige vers son garage. Des bruits métalliques arrivent à ses oreilles: un grand échafaudage finit d'être construit sur la façade de l'immeuble voisin. Soudain, un sifflement, «Jolie demoiselle!! tu fais quoi ce soir...» des rires gras et de la surenchère...« tu veux pas venir à l'hôtel avec moi, t'as l'air bonne...» Exaspérée, elle se retourne et leur fais un geste grossier, un doigt d'honneur!!. C'est le déchaînement «Pute, sale pute, tu vas voir ce qu'il va t'arriver....» et ça continue jusqu'à ce qu'elle tourne au coin de la rue.

C'est le midi, elle rentre du lycée et arrive au bas de son immeuble. Elle est pimpante dans son jean slim bleu et son tee-shirt rouge. Un attroupement devant l'entrée. Des garçons jeunes qui visiblement l'attendent. Ils l'entourent, «T'as vu comme t'es habillée on dirait une pute!», « Tu pourrais respecter ta famille» « On te surveille, t'as pas intérêt de continuer». Elle a peur. A 13h30, elle retourne au lycée, elle est habillé avec un jogging sans forme, des baskets et un foulard sur la tête.

C'est l'après-midi, elle monte dans le tramway, il y a du monde, c'est le jour des soldes. Elle s'accroche à une barre de maintien. Elle est pressée par la foule. Soudain, elle sent une main qui lui touche les fesses, quelqu'un se colle à elle, elle a une drôle de sensation au bas du dos. Elle ne peut pas , ne veut pas bouger, elle ne bouge pas et ferme les yeux en attendant que ce contact vicieux s'arrête. Ça cesse, la pression de la foule se détend. Elle regarde autour d'elle et ne voit que des gens indifférents.

C'est le soir, elle promène son fils dans un parc de la ville. Elle a 22 ans, Quatre ou cinq vélos approchent, montés par de très jeunes gens. Ils la sifflent, l'interpellent: «T'es bonne toi! Laisse bébé et viens avec nous, y'a un hôtel pas loin!! Tu veux pas me donner le sein!!!» Un doigt d'honneur et ils disparaissent aussi vite qu'ils sont apparus.

Et c'est comme ça tous les jours à travers le monde...c'est presque normal!!!

C'est le soir, elle est fatiguée. Elle a pris des somnifères et dort. Il rentre du boulot. Il a faim. Il hurle «T'es où ?». Il monte, elle ne l'entend pas, il la fait tomber du lit, la roule dans les escaliers en hurlant « Grouille-toi, j'ai faim!!» Il lui donne des coups de poings puis va boire un verre de whisky sur la terrasse. Elle prend son fusil... 47 ans que ça dure... Elle tire. Elle prendra 10 ans avant d'être graciée.(2)

Et eux ??!!!

 *Tous ces faits et bien d'autres encore, m'ont été racontés par des amies, des filles d'amies, des voisines, des anciennes collègues....

*Affaire Jacqueline Sauvage (elle sera ''graciée'' en décembre 2016)

 

 

 

Posté par Anne Mo à 15:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Je crée mon blog

 

Pour tous ceux qui me connaissent, c'est une phrase qu'ils ne pensaient pas trouver dans ma bouche ou sous ma plume. Je suis tellement nulle en informatique, internet et tout le vocabulaire qui s'y rattache. Pourtant, je suis ''moderne'' car j'ai PC, internet, smartphone, je navigue avec facilité sur le net, j'ai même un compte ''Whatsapp '' que j'utilise très souvent...bref bien équipée mais absolument lamentable pour tout ce qui concerne les différentes techniques de communication sur le web (blog, forum, parutions....)

Alors pourquoi, tout d'un coup, je décide de ''créer mon blog''.?

Depuis un an, je me suis inscrit à un institut de formation à l'écriture, depuis un an je lis des cours, fais des devoirs et les envoie à un maître de formation et correcteur. Et je dois dire que c'est énorme comme expérience même si parfois c'est compliqué, mais c'est une expérience constructive.

J'ai toujours voulu écrire, j'ai toujours écrit essentiellement pour moi. J'ai fait une unique expérience d'écriture d'un roman, d'envoi à des éditeurs pour publication. Ça a été une catastrophe et je me suis dit que j'avais réellement besoin d'aide d'où cette inscription.

Et dans ce dernier devoir, on me demande de ''créer mon blog''. Mon premier ressenti a été une peur panique. Je ne maîtrise tellement pas ces techniques que je me suis dit que je n'y arriverais jamais. J'ai même écrit sur l'intitulé de cet exercice ''je ne ferais pas cet exercice!!'' C'est tout dire!! Ce premier sentiment calmé, j'ai lu avec attention mon cours, puis j'ai pris conseil auprès de personnes plus calées et enfin j'ai lu quelques sites spécialisés...et me voilà!!

Je crée mon blog et il va s'appeler: ''''amoramaur.canalblog.com''

Pourquoi? Tout simplement parce ce que ce ne sera que du bonheur d'écrire et surtout, que ce sont les initiales de mon prénom: Anne et mes noms de jeune fille et femme mariée. Ça me plaît!!

A priori, je pense que la teneur de ce blog sera assez personnelle: des commentaires sur l'actualité, des rubriques, des réactions, des textes littéraires, de la poésie (j'adore ça!!), des créations... bref, un contenu pas forcément original mais bien de moi. Le plus difficile va être d'être assidue et avoir des sujets variées. Et si, un jour, j'arrive à aller au bout de mon envie d'écrire, qui sait?... ce blog en aura peut-être la primeur!

D'ici là, bonnes lectures !!

 

Posté par Anne Mo à 15:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]